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Château médiéval de Dalhem

HISTORIQUE du CHÂTEAU MEDIEVAL de DALHEM

construction, essor, destruction, vestiges

du XIe au XXIe siècle

 

Entre 1076 et 1080, le comte palatin de Lotharingie Hermann II fait ériger une forteresse sur un éperon rocheux entouré de terres boisées, dominant la vallée de la Berwinne et celle du Bolland.

Dalhem (Dael ou thal = vallée et hem ou heim = demeure) permet de contrôler les routes de la rive droite de la Meuse vers Maestricht, Tongres, Liège, Huy et Aix-la-Chapelle. Elle défend sa position  face au donjon de Wodémont, fortification gardienne des terres du duché de Limbourg.

 

Au milieu du XIIe siècle, les terres passent aux comtes d’Ahr puis à la famille Hochstaden, prennent le nom de « Comté de Dalhem » et totalisent 24 villages.

 

Au XIIe ou XIIIe siècle, des remparts sont édifiés pour protéger ce qui devient peu à peu un bourg castral. Ils partent de la porte d’En-Bas flanquée de deux tours, se prolongent vers l’ouest et se terminent au sud par la porte d’En-Haut accolée à une tour, au-dessus du fossé des Lombards. A l’est, une pente abrupte empêche tout assaut.

 

Le château de Dalhem comprend, comme beaucoup de forteresses médiévales :

- La basse-cour : avec une place publique, une chapelle (à l’emplacement de l’église actuelle), la grande cour des communs avec les logements des soldats et valets, le corps de garde, les écuries, granges, entrepôts, ferronnerie, puits … (actuellement : cimetière et jardin privé)

- La haute-cour : avec, après le pont-levis et les deux tours d’entrée, la résidence du noble et de sa famille, la maison du drossard (représentant qui fait respecter les droits seigneuriaux et rend la justice), une habitation pour le personnel, une tour des prisonniers, un puits.

 

Petit à petit, des constructions s’érigent en dehors du château et, à l’extérieur de l’enceinte, maisons, moulin, foulerie, … agrandissent le bourg.

Tout cela confirme la croissance économique et militaire de Dalhem.

 

En 1239, le duc de Brabant Henri II s’empare de Dalhem. Il achète le comté à Lothaire II de Hochstaden en 1244. La cour féodale n’est dès lors plus présidée que par le châtelain de Dalhem, qui prend plus tard le titre de haut-drossard et de lieutenant des fiefs.

 

En 1396, Philippe le Hardi duc de Bourgogne reçoit la seigneurie et la propriété de Dalhem de Jeanne, la tante de son épouse, duchesse de Brabant et de Limbourg, veuve sans héritier.

Dès lors, les seigneuries de Rolduc et de Fauquemont (Valkenburg), le duché de Limbourg et le comté de Dalhem forment les Pays d'Outre-Meuse (sur la rive droite par rapport à Bruxelles), une des 17 provinces des Pays-Bas bourguignons.

 

Au XVe siècle, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, tente de conquérir la Principauté de Liège, mais sans y réussir malgré de nombreuses offensives. Les 30 et 31 août 1465, les Liégeois ripostent. Après avoir brûlé Herve, ils envahissent le comté de Dalhem et détruisent la ville : les 2 portes de la ville sont mises en pièces à coups de hache. Les dépendances, granges et écuries sont incendiées ainsi que l’habitation du drossard et d’autres bâtiments du bourg. Le mur de l’enceinte de 80 pieds de long (23m30), 20 pieds de haut (5m80) et 8 pieds d’épaisseur (2m33) est renversé. Les 2 grandes tours, celle de Blanckaert où se trouve la chambre ducale ornée de verrières et celle des prisonniers, résistent en partie.

 

Frédéric de Withem, drossard-châtelain, fier chevalier et un des meilleurs capitaines de Charles le Téméraire (fils de Philippe le Bon), rentre à Dalhem ce jour-là. Il ne tardera pas à se venger et à écraser les Liégeois par après.

En 1467, c’est lui qui est chargé de relever les murs et de rebâtir le château.

 

1468 : le château tel qu’il devait être (tentative d’esquisse)

En 1477, Dalhem passe sous la domination des Habsbourg par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche ; d’abord avec Philippe 1er puis, plus tard au XVIe siècle avec Charles Quint qui désigne sa sœur Marie de Hongrie pour gérer les territoires dont fait partie le Comté de Dalhem.

 

Vers 1520, les escaliers du Wichet de la Rose relient la ville haute à l’extérieure de l’enceinte.

 

Le 20 juin 1578, Alexandre Farnèse, gouverneur des Pays-Bas espagnols, bombarde Dalhem pour déloger les Calvinistes qui s’y étaient regroupés.

 

Ensuite, en 1581 sous Philippe II, une scission s’opère parmi les 17 provinces des Pays-Bas espagnols : 10 provinces restent dans le giron des Pays-Bas espagnols catholiques (actuellement Belgique, Luxembourg et Nord-Pas-de-Calais) et les 7 autres provinces déclarent leur indépendance : ce sont les Provinces-Unies, calvinistes (Pays-Bas actuels).

 

Au cours des guerres de religion qui ravagent le pays, la ville est assiégée, prise et reprise tantôt par les Espagnols, tantôt par les Hollandais. En janvier 1648, les Hollandais, menés par le comte de Solms, bombardent la ville avec 6 canons et 1 mortier et font sauter le château. Les Espagnols se rendent. Le château ne sera plus jamais reconstruit.

En 1661, le Traité de la Haye partage le comté de Dalhem en deux : une partie reste aux mains des protestants des Provinces-Unies (dont Dalhem) ; l’autre partie échoit aux Espagnols catholiques ; seul Berneau reste indivis.

En 1665, les Hollandais construisent l’hôtel de Ville, où subsiste une pierre armoriée.

De l’enceinte de la haute-cour du château, il subsiste un pan de mur haut de 14 m, épais de 3,40m et long de 30 m. Une ouverture permet depuis le XVIIIe siècle d’accéder à une maison, un grand jardin et à des vestiges en sous-sol qui allaient jusqu’à la porte d’En-Haut.

Le mur fut restauré en 2012.